Témoignages
- Témoignages des ateliers d’affirmation de soi et de gestion des conflits-négociation
- Témoignages de l’atelier « pour sortir du rôle de victime »
- Témoignages du groupe de paroles « souffrance au travail »
- Témoignages des groupes de parole pour les personnes qui souffrent d’une consommation excessive ou d’une dépendance
Témoignages des ateliers d’affirmation de soi et de gestion des conflits-négociation : :
Dimitri, 38 ans : « Il faut » ; « y a qu’à », je les ai entendus en parlant des capacités à exprimer ce que je pensais, quand d’autres plus doués que moi dans ce domaine voulaient m’aider. Dans ces ateliers, enfin, j’ai reçu des outils. Et le comble, c’est que j’y arrive !
Anne Didelot : Oui, ces ateliers permettent d’apprendre des méthodes de communication. Cela s’apprend, ce n’est pas inné, et si les premières années, la vie ne nous a pas offert les opportunités d’apprendre à échanger; à savoir être avec les autres ; c’est à n’importe quel moment de sa vie que l’on peut les acquérir voire les améliorer. De plus, chacun, dans ces ateliers, peut en apprendre aux autres ! Chacun apporte de l’eau au moulin de la relation interpersonnelle !
Léa, 34 ans : En faisant cette démarche, je m’attendais à faire des efforts pour échanger avec des gens que je ne connaissais pas. Parler de situations dans lesquelles on sait que l’on n’a pas été bonne, me stressait. Mais les autres participants de l’atelier se sont avérés accueillants et j’ai vite compris que je n’étais pas la seule dans ce genre de situation embarrassante. J’ai appris à ne plus me juger négativement, et à garder tous mes moyens dans n’importe quelle situation, même lorsque je dois rendre des comptes !
Anne Didelot : Lea avait une difficulté comme beaucoup de gens : elle avait peur du jugement des autres; ce qui monopolisait son attention, et l’empêchait de se concentrer sur le problème à résoudre. Les exercices de mise en situation en groupe lui ont permis de s’entrainer dans le réel, face à des gens qu’elle ne connaissait pas ou très peu.
Victor , 40 ans : Je cherchais depuis longtemps, une personne avec qui je pourrai échanger sur mes difficultés à communiquer, pour avoir des conseils. En plus, ces ateliers d’entrainement à la communication me permettent de diversifier mes expériences, sans complexe et sans enjeu dans la réalité !
Anne Didelot : Il semblait très à l’aise. Mais malgré cette apparente assurance, Victor a eu besoin de renforcer quelques techniques de communication verbale et non verbale. A la dernière séance, j’ai observé chez lui, plus d’assurance tout en laissant la place suffisante à ses interlocuteurs pour un échange constructif.
Emmanuelle, 23 ans : J’ai enfin appris à dire ce que je pense, sans avoir peur de blesser mon interlocuteur. Ces valeurs de respect et d’écoute de l’autre me sont chères, mais jusqu’ici, elles avaient aussi tendance à m’empêcher d’être vraie…
Anne Didelot : La bonne éducation n’empêche pas de dire ce que l’on a à dire. Il est nécessaire d’abord de prendre en compte l’autre, de repérer ce qui appartient au problème et de le distinguer de la globalité de la personne.
Témoignages de l’atelier « pour sortir du rôle de victime » :
Michèle, 55 ans : Je vivais en couple depuis 25 ans. J’ai 3 enfants. Le père de mes enfants m’a anihilée au fil des années. J’ai perdu toute mon estime de moi, toute capacité à prendre des décisions. Je ne vivais que dans son ombre. Il me dénigrait tout le temps. J’ai d’abord rencontré Anne Didelot qui m’a soutenue, en entretiens privés. J’ai compris que j’étais respectable, digne d’être écoutée et que je disais des choses censées, puisque nous pouvions échanger ensemble. Au bout de quelques semaines, les entretiens m’ont permis de comprendre que ma façon de fonctionner dans les relations, affectives surtout (avec mes enfants aussi), favorisaient le fait d’être non respectée, non entendue. Anne m’a invitée à participer à l’atelier « pour sortir du rôle de victime ». j’ai d’abord hésité, car je ne voulais pas dévoiler à quiconque ma souffrance. J’ai finalement passé le pas. J’ai alors rencontré d’autres personnes des deux sexes, comme moi, aussi mal dans leur peau. Et j’ai découvert des « outils » pour prendre réellement ma place dans toute relation, repérer mes limites et savoir les signifier à mes interlocuteurs. Je m’entraine dans ma vie quotidienne et mon assurance augmente…
Anne Didelot : Michèle fait partie des personnes qui souffrent d’un harcèlement moral répété. Une prise de conscience de cette souffrance, une reconnaissance par le thérapeute (voire par la société… via la justice…) de la victimisation sont des étapes préalables à la reconstruction personnelle. Pour que la personne redevienne responsable d’elle-même et accepte (sans peur) de reprendre le cours de sa vie, qu’elle fasse ses choix de vie elle-même, l’atelier « pour sortir du rôle de victime » est l’un des moyens mis à sa disposition à l’Espace du Savoir Etre.
Gaelle, 28 ans : J’ai vécu un inceste à 8 ans. Je n’ai pas compris, j’en ai alors parlé à ma mère mais elle ne m’a pas crue. A 14 ans, je suis sortie un soir avec ma sœur ainée : j’ai connu mon premier flirt mais, sans que je sois consentante, ce jeune homme de 17 ans m’a forcée à coucher avec lui. Je suis rentrée chez moi bouleversée, mais je n’en ai parlé à personne… je me suis mariée à 25 ans. Mon mari est progressivement devenu de plus en plus irrespectueux dans ses propos, puis il a commencé à me frapper, pendant ma grossesse. J’ai divorcé. Mon ami actuel n’est pas non plus très gentil avec moi. J’ai l’impression de répéter les agressions, les échecs amoureux et de ne pas contrôler ma vie… J’ai choisi de venir dans cet atelier pour sortir de ce « rôle » qui semble me coller à la peau, malgré moi. J’en avais assez de répéter le scénario dans lequel je me sens manipulée, utilisée et malmenée. J’y apprends à mieux me connaitre, à prendre du recul par rapport aux situations que je vis et à mieux repérer si elles me satisfont. J’apprends aussi à apaiser mes émotions, et à écouter mes besoins et faire respecter mes limites. Je commence enfin à mieux discerner ce m’est acceptable et ce qui ne me convient pas. J’ose maintenant exprimer à la personne qui est face à moi (et même à mon ami), ce que je pense et ce que je veux.
Anne Didelot : Cet atelier d’aide à la sortie du rôle de victime n’est proposé qu’en deuxième temps, et toujours en complément d’une aide individuelle. En effet, les personnes qui ont vécu une agression (unique ou multiple) ont d’abord besoin d’apaiser leurs souffrances : un soutien individuel est indispensable. Quand, après un laps de temps plus ou moins long, les personnes victimées retrouvent un peu de calme intérieur, et seulement si elles le souhaitent, elles peuvent participer à cet atelier qui se déroule en 3 étapes. Le but de cet atelier est de leur proposer des outils pour qu’elles ne reproduisent pas des comportements qui pourraient ouvrir la voie de l’agression à un agresseur potentiel. (Notons, que, dans certains cas, l’agression ne pouvait être évitée, quelque soit l’attitude de la victime, comme dans les cas d’attaque physique ou de viol par des inconnus). Cet atelier s’adresse à des personnes qui constatent qu’elles subissent des agressions successives
Cet atelier permet d’apprendre à mieux se connaitre, à prendre du recul par rapport aux situations que chacun(e) vit et à mieux repérer si elles le(la) satisfont. Les participants s’entrainent aussi à prendre conscience et apaiser leurs émotions ; à écouter leurs besoins et à faire respecter leurs limites, à travers des jeux de rôle.
Témoignages du groupe de paroles « souffrance au travail » :
Jérémy, 34 ans : J’ai toujours été motivé par mon travail, mais depuis 2 ans l’entreprise a été rachetée par une autre entreprise dont la stratégie managériale est « déroutante » pour les « anciens » comme moi de la boîte rachetée… J’y perds mes billes, je ne sais plus comment me positionner par rapport, à mes collaborateurs, mais aussi ma hiérarchie. La politique managériale aujourd’hui m’échappe et je me sens de plus en plus un pion sur un échiquier dont je ne reconnais même plus les membres dont les rôles et les places changent très vite. Au total, je ne reconnais pas ma propre place, ma légitimité, dans cette « nouvelle » entreprise… Je ne sais donc plus quels sont les rapports qu’attendent de moi ma hiérarchie, et pourtant nous sommes constamment convoqués dans des réunions, dont les buts se chevauchent, voire s’emmêlent. C’est le flou, et je me sens de plus en plus mal. Je ne suis pas le seul à ressentir ce malaise, puisqu’actuellement, ces pratiques managériales alimentent toutes les conversations, quelque soit le niveau de responsabilité des salariés ou la direction à laquelle ils appartiennent. Je viens dans ce groupe »souffrance au travail » pour essayer de prendre du recul par rapport à ce manque de clarté, en échangeant avec des gens venus d’autres horizons, tout neufs par rapport à ce problème et non impliqués. J’espère y trouver un peu de bon sens, voire, peut-être un apaisement par rapport à mes craintes qui tendent à devenir, je le sais, irrationnelles. Donc, je trouve dans ce groupe de paroles, des humains, comme moi, sans à priori sur qui je suis, et qui me parlent sans me juger (ni me condamner en me collant une étiquette sur la tête…) J’y trouve une « bouffée d’oxygène », de la part d’hommes et de femmes de bonnes volonté, capables de me soutenir dans une saine amitié sans à priori. Cela m’aide à tenir dans mon entreprise et… à relativiser les évènement qui s’y succèdent.
Témoignages des groupes de parole pour les personnes qui souffrent d’une consommation excessive ou d’une dépendance:
Loïc 45 ans : Des mots, des mots… j’en avais peur, je préférai fuir quand quelque chose clochait avec quelqu’un. L’alcool était un refuge, un petit plaisir vite pris en cas de contrariété. Maintenant, je sais que je peux venir dans le groupe parler de mes soucis, il n’y a pas de jugement, et je me sens compris.
Anne Didelot : On vient à ce groupe de parole, quand on sent que l’on en a besoin (il suffit de rencontrer la responsable (RDV), puis de s’inscrire à une séance et d’en avoir eu la confirmation en retour, par sms ou mail). C’est un moment pour se décharger un peu du poids de ses souffrances, de ses doutes, de ses soucis, de ses angoisses, de ses peurs. On est écouté, soutenu par les autres membres du groupe, dans la chaleur humaine, tout en gardant pour soi ce que l’on ne veut pas partager. Avant de participer à ce groupe, chacun a signé une charte de respect de l’éthique (cf la charte) qui s’applique au fonctionnement du groupe.
Paule 54 ans : A qui en parler ? Ma famille s’en doute, mais personne n’ose m’en parler. Je sais bien que cela se voit de plus en plus. Même au travail, mes collègues commencent à me le faire sentir. Je suis venue dans ce groupe parce qu’il est éloigné de mon entourage habituel. Je suis contente, je me suis faite des amis, on se soutient. Quand je n’ai pas le moral, je peux appeler ceux qui m’ont donné leurs coordonnées. Et dans le groupe, on parle seulement si on le souhaite.
Anne Didelot : Parler de sa consommation d’alcool que l’on ne peut plus gérer, est un tabou dans la société. Seuls, ceux qui connaissent déjà cette difficulté peuvent l’entendre sans mettre à l’écart celle ou celui qui en souffre. Peut alors se construire un réseau social où ceux qui s’en sont sortis pourront, s’ils le souhaitent, soutenir ceux qui en ont besoin. Ce besoin de soutien est d’autant plus important, avant tout arrêt de la consommation ou, s’il y a un risque de reprise du produit, ou du comportement addictif, après une période d’arrêt plus ou moins longue.
Christian, 30 ans : Au travail, il ya beaucoup de pression. J’ai accepté de temps en temps au début, de prendre une dose, juste pour tenir le coup. Et puis en quelques semaines, tout a basculé, je suis vite devenu « à croc ». Ma vie s’est progressivement rétrécie, jusqu’à ce que le produit soit mon seul but. J’ai choisi ce groupe, parce qu’aller voir un psy ce n’est pas pour moi. Je n’ai rien à dire, j’avais juste besoin de ne plus me sentir seul. C’est la deuxième fois que j’y vais. J’écoute les autres et je constate que je ne suis pas le seul à vivre les mêmes problèmes…
Anne Didelot : La solitude augmente lorsque l’on devient dépendant d’un produit ou d’un comportement, car celui-ci devient la préoccupation essentielle voire même, la seule préoccupation de la personne qui en souffre. Cette solitude est la première motivation à arrêter de « consommer ». C’est une expérience qui est vécue d’autant plus douloureusement que les personnes qui avaient trouvé un refuge dans ce comportement, on du mal aussi à nouer des contacts de bonne qualité avec les autres. Ces groupes de parole constituent la première étape pour réapprendre à vivre ensemble, chacun apportant ses richesses et accepter l’autre dans sa différence.

